Le travail de Ghania Zard naît d’une nécessité profonde : trouver du sens à travers la matière visible et créer des ponts là où elle semble fragmentée. C’est à travers la sculpture, sa discipline première, qu’elle explore l’architecture de notre réalité, à la croisée de la science, de la géométrie et de l'humain.
Sa démarche plastique s'articule autour d'une recherche continue tout au long de ses créations artistiques, telle une quête constante autour de la matière, mais aussi autour de la conscience que nous avons de cette matière. Cette matière est à la fois le médium physique qu’elle modèle, sculpte et peaufine dans son atelier, et une réalité au sens absolu : celle du vivant, celle qui nous entoure, et celle-là même qui constitue notre propre corps.
Fascinée par la physique quantique, la répétition infinie des fractales, la géométrie et les sciences humaines, Ghania appréhende l'univers comme un immense réseau d'atomes (" l’onde et la particule ":essence même de l'atome) et d'énergies interconnectés. À la manière du concept "connecting the dots " (connecter les points, relier les choses), elle cherche à percevoir et à capter ce qui échappe à nos yeux pour le traduire dans le réel. Pour matérialiser ce lien et relier ces points invisibles, elle déploie le volume à travers un jeu subtil de parallèles et de métaphores physiques. Le fil, la corde ou la ficelle deviennent la symbolique de l’onde ; tandis que les grains de sable, les billes ou les copeaux incarnent la texture même de la particule. Par cette alchimie de la matière, elle cherche à trouver du sens au tissu du monde et des connexions entre tout ce qui existe dans cette immensité du vivant.
Les pièces en trois dimensions qu'elle crée n'enferment pas la matière, l'espace. Elles en sont des fenêtres ouvertes, des questions et des prises de conscience à la fois. Chaque sculpture dessine des lignes et des formes fluides, un jeu de textures qui permet au regard de traverser les formes sculptées pour effleurer le vide, l'invisible et ce qui anime le vivant. Ses rares peintures prolongent cette quête comme des cartographies de recherche en couleur qui préparent ou prolongent le volume.
Entrer dans l'univers de Ghania Zard, c'est accepter cette exploration singulière de la matière. Ses œuvres sont des invitations visuelles et sensorielles à ressentir la poésie des connexions. Un voyage où sculpter devient un acte ultime pour tisser du lien, pour questionner notre propre substance et pour ouvrir des fenêtres sur la continuité dans l'univers. Ainsi qu'un acte d'exploration des liens profonds qui unissent l'humain à la matière inerte avec la conscience qu'il en a ; cette matière qui est tout autour de lui, qu'il utilise ou seulement regarde, et qui constitue même son propre corps.